Une fois n'est pas coutume, un éditeur de sécurité avoue son
impuissance face à un code malveillant. Le russe Kaspersky Lab vient en
effet de
lancer un appel à contribution à l'échelle mondiale, pour venir à
bout d'un virus « rançonneur » du nom de GPCode. Son opération « Stop GPCode
» a officiellement pour objectif d' « inciter tous les spécialistes du
chiffrement à travers le monde à rassembler leurs efforts pour décrypter la
clé RSA de 1 024 bits utilisée dans la dernière version de GPCode ».
GPCode est un cheval de Troie qui, une fois installé sur un PC, crypte tous
les fichiers portant une quinzaine d'extensions courantes (.xls, .doc, .jpg,
.txt, etc.). Les fichiers originaux sont supprimés, mais GPCode laisse des
versions cryptées et un petit indice à sa victime : un message texte
indiquant la marche à suivre pour décoder les documents. Pour retrouver ses
données, l'utilisateur doit payer une rançon de 300 dollars, en utilisant
une adresse de webmail communiquée dans le message d'instructions.
Une opération présentée comme un « challenge technologique »
GPCode a déjà sévi par le passé, mais il avait pu être contré. Cette fois,
la nouvelle version du virus (appelée Virus.Win32.Gpcode.ak chez Kaspersky)
utiliserait une clé de cryptage à 1 024 bits, très compliquée à « casser ».
D'où le besoin de renfort manifesté par Kaspersky. « La puissance cumulée
d'environ 15 millions d'ordinateurs en réseau fonctionnant pendant plus d'un
an serait nécessaire pour casser la clé » , indique l'éditeur, qui a mis en
ligne un forum dédié, peu actif à ce jour.
De fait, on peut s'interroger sur l'intérêt d'un tel appel à contribution. A
supposer que des centaines de chercheurs se mettent à l'ouvrage, combien de
temps durerait l'opération ? Peut-on imaginer que les utilisateurs infectés
attendent des mois, voire des années, pour retrouver leurs fichiers, sachant
que les plus prévoyants n'auront qu'à réinstaller leur dernière sauvegarde
sur leur PC pour contourner le chantage ?
« Il faudrait 15 millions de PC pour obtenir la puissance nécessaire, mais
beaucoup moins avec des centres de calcul », répond un porte-parole de
Kaspersky Lab France. La tâche n'en reste pas moins difficilement réalisable
à court terme. Réfutant toute accusation de coup marketing, Kaspersky Lab
présente aussi son opération comme un challenge technologique. Un argument
indiscutable, a priori le seul qui pourrait convaincre les fans de cryptage
de céder à son appel.
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