Des adresses Internet qui laissent libre cours à l'imagination

L'organisme américain chargé de gérer les noms de domaine veut permettre aux internautes de créer l'extension de leur choix à partir de 2009.

Article mis en ligne le: 24/06/2008


Une nouvelle génération d'adresses permettra également de multiplier le nombre de sites Web.

www.infos.calitel, www.matthieu.durand, www.rencontres.love... Tapez ces adresses Web aujourd'hui dans votre navigateur Internet, et vous n'obtiendrez rien d'autre qu'un message d'erreur. Mais peut être plus pour longtemps. Porté par sa croissance exponentielle, le World Wide Web veut voir plus grand et s'apprête à engager une grande reforme de ses adresses, les fameuses "URL".

L'Icann, l'organisme américain chargé de gérer les noms de domaine sur Internet, qui se réunit du 23 au 26 juin à Paris, veut désormais permettre aux internautes et entrepreneurs de créer l'extension de leur choix à partir de 2009, annonce son président dans une interview aux Echos parue lundi.

Liberté surveillée

"Nous allons libéraliser les extensions génériques sur internet. Outre les .com, .net ou .org, dès le premier trimestre de 2009, les 1,3 milliard d'internautes pourront acquérir des adresses génériques, en déposant des mots courants comme .amour, .haine ou .ville ou encore des noms propres", explique Paul Twomey, président de l'Icann (Internet corporation for assigned names and numbers).

Quatre critères devront toutefois être respectés, notamment pour éviter le "cyber-squatting", c'est-à-dire l'enregistrement abusif de sites pour surfer sur le nom et la popularité d'une marque ou un concept qui appartiennent à un tiers. Les noms choisis ne devront donc pas violer le droit des marques, ils ne pourront pas être trop proches de termes qui existent déjà, ni usurper l'identité d'une communauté ou encore conduire "à des problèmes d'ordre public ou moral".

Cette opération sera très lucrative pour l'Icann qui se rémunère sur la création de tout nouveau site Internet. "On peut se demander pourquoi créer de nouveaux noms de domaine alors que la demande n'est pas forcément là. En revanche, l'organisme va pouvoir en retirer beaucoup d'argent », critique dans Les Echos Loic Damilaville, adjoint au directeur général de l'Afnic, l'organisme français responsable du ".fr".

L'Icann pousse les murs

L'Icann envisage également d'autoriser les adresses en caractères non latins, par exemple en chinois, en cyrillique ou en arabe."Nous avons testé 15 langues pour que cela fonctionne avec les navigateurs de Mozilla, de Microsoft et d'Apple", précise son président. Par ailleurs, l'organisme américain souhaite le déploiement de la prochaine génération des adresses Internet (IPV6) qui "permettra à un nombre pratiquement illimité d'adresses d'entrer en vigueur", selon son président.

Le stock actuel des adresses Internet disponibles sous le protocole actuel (IPV4) devrait en effet s'épuiser "d'ici à 2010 ou 2011", dit-il. La compétence de l'Icann, créé en 1998, est mondiale et ses décisions s'imposent à tous les Etats, alors même que cette organisation est de droit californien. Sa légitimité est souvent critiquée car l'organisme est encore directement lié au gouvernement américain.



 

 

 

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