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Ce casque baptisé EPOC est doté de 16 électrodes ou capteurs qui sont
en contact avec le crâne de l'utilisateur pour mesurer l'activité électrique
de son cerveau, selon une technologie d'électroencéphalographie bien rôdée.
Un gyroscope est attaché sur le haut d'EPOC pour contrôler les mouvements de
la tête. Le casque est également équipé d'une batterie située sur le côté.
Les capteurs enregistrent aussi les états d'âme et les expressions faciales
de l'utilisateur, intégrant toutes ces données dans le logiciel de
l'ordinateur qui peut ainsi lire les pensées de la personne, explique Tan
Le, co-fondateur d'Emotiv.
"Il y a une corrélation directe entre les pensées du sujet et l'action sur
l'écran, ce qui permet de réaliser le vieux fantasme de déplacer les objets
avec la seule force de l'esprit", ajoute-t-il.
Un jeu vidéo sera intégré à ce casque et le système complet sera offert pour
299 dollars aux Etats-Unis sur le site internet d'Emotiv et dans une
sélection de magasins.
Il s'agit d'un jeu d'arts martiaux asiatiques dans lequel, "un maître" fait
faire un ensemble d'exercices aux joueurs dont un consistant à soulever des
montagnes par la seule force de la pensée.
Un
essai du casque fait par l'AFP a montré qu'après un entraînement sur le
système EPOC pendant moins d'une minute, le joueur peut mentalement faire
tourner, pousser ou tirer des objets sur l'écran et les faire même
disparaître.
Emotiv est doté d'un kit de développement de logiciels accessible aux
concepteurs et producteurs de jeux vidéo aussi bien qu'aux programmeurs
travaillant dans tous les domaines où il y a des interactions entre les
humains et l'ordinateur comme la réalité virtuelle, les automobiles et les
soins médicaux.
Cette technologie pourrait ainsi être utilisée pour que des personnages
virtuels puissent exprimer en ligne les états d'âme et pensées de vraies
personnes, selon Marco Della Torre, un ingénieur d'Emotiv.
Le kit de logiciel de contrôle par la pensée d'Emotiv offert à des tiers a
déjà été téléchargé depuis le site internet de la société plus d'un millier
de fois, précise Tan Le.
"Il y a beaucoup de sociétés classées dans les 500 premières de Fortune qui
se sont dites intéressées par notre système", assure-t-il.
Même les services de police sont intéressés par les capacité du casque EPOC
de lire les pensées des individus, ajoute Tan Le. "EPOC pourrait
certainement être utilisé comme un polygraphe très fiable", selon lui.
Quant aux applications médicales, cette technologie pourrait offrir un
nouveau moyen de communiquer aux personnes incapables de parler à la suite
d'une attaque cérébrale ou se trouvant dans le coma, estime le co-fondateur
d'Emotiv.
En outre, les utilisateurs de ce casque pourront en écoutant de la musique
en ligne changer automatiquement de morceaux selon qu'ils se sentent
heureux, tristes ou mourant d'ennui, relève-t-il.
Tan Le, un entrepreneur australien dans les télécommunications, raconte que
l'idée de développer ce casque de contrôle mental lui est venue à l'occasion
d'un dîner en 2003 lors d'une conversation sur le cerveau et la technologie.
Tan Le et son associé Nam Do ont fondé Emotiv en 2003 avec le neurologue
Allan Snyder et le concepteur de puces informatiques Neil Weste.
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